Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /2008 10:00

Monsieur le Président,
Mes Cher(e)s Collègues,
Mesdames, Messieurs,

Au lendemain de cette période politique écoulée avec les élections municipales et cantonales, il appartient à chacun d’entre nous d’en apprécier les résultats et de se disposer pour l’avenir dans l’intérêt bien compris de nos populations, de leurs communes et de notre département.

Dix mois après l’installation, dans des accents de triomphe, d’un nouveau Président de la République et d’une confortable majorité à l’Assemblée Nationale, certains pensaient que le renouvellement des Conseils Municipaux et de la moitié de l’Assemblée Départementale, ne seraient que simple formalité venant confirmer la volonté exprimée en Mai et Juin derniers. Il n’en a rien été bien au contraire. Un vent fort de contestation et de sanction s’est exprimé dans tout le pays. Notre département, dont on aurait pu penser qu’il serait épargné dans le cadre actuel du rapport des forces, a su lui aussi manifester son légitime mécontentement. De nombreuses ambitions électorales se sont trouvées particulièrement amenuisées. Je pense notamment à notre ville capitale du département, quand parallèlement plusieurs membres de votre majorité ont du abandonner leur siège à Cannes, Mougins ou Beausoleil, d’autres passer cette fois-ci par un second tour ou alors se voir recaler par le Conseiller Général sortant.

Il y a là un message très clair qui a été adressé à votre majorité départementale et nationale. Il ne s’agit nullement d’un coup de sang de l’électorat mais le refus de ce que vous appelez des « réformes » que vous prétendez abusivement « inéluctables ». Le refus des coups portés aux retraites, à la protection sociale, à la suppression de milliers de postes dans l’Education Nationale. Le refus du non-respect des promesses en matière de pouvoir d’achat quand 15 milliards d’Euros de cadeaux sont effectués au même moment pour les plus fortunés de notre pays avec le « bouclier fiscal ».

A l’indécence des mesures gouvernementales prises, il y a celle d’une gouvernance élyséenne où la provocation de la forme est en conformité avec le fond d’une politique.

Depuis dimanche au soir, nous ne cessons d’entendre que la débâcle enregistrée ne saurait en rien modifier la poursuite et même l’aggravation de la politique qui a occasionné tant de dégâts depuis 10 mois. Est-il acceptable, quand l’on se prétend une démocratie, de persévérer non pas dans l’erreur, mais dans une politique délibérée qui, par les difficultés croissantes qu’elle induit pour nos concitoyens, suscite un tel rejet ? Et que nous réserve de plus l’avenir quand de toutes parts nous entendons « plan de rigueur », fermetures d’entreprises, à l’exemple des 54 salariés des restaurants de Cap 3000, amenuisement de la fonction publique et démantèlement des services publics ?

« Qui sème le vent, récolte la tempête » et le grain de dimanche dernier a été particulièrement violent et explicite politiquement.

En ce qui nous concerne dans ce département, contrairement aux annonces de ceux qui voyaient la disparition de ce que certains appellent le « communisme municipal », après avoir lancé il y a 7 ans des OPA sur Drap et Gattières, tout le monde aura constaté la réélection renforcée d’équipes municipales qui seront autant d’appuis de résistance à la politique gouvernementale. Ainsi que les résultats encourageants enregistrés par les candidatures communistes dans le département.

Bien sûr, par des jeux politiciens condamnables, à gauche comme à droite, nous avons perdu des positions à Menton, Vence, Cannes et Carros où là, les ambitions personnelles et les pratiques clientélistes ont prévalu sur l’intérêt des populations que Marius PAPI avait su, lui, faire primer durant 20 années.

Aussi, maintenant, avec Francis TUJAGUE, brillamment réélu dans son canton et sa commune de Contes, avec Noël ALBIN que son village vient de renforcer, nous allons poursuivre les combats engagés par notre groupe et qui demeurent plus que jamais d’actualité.

Nous persisterons à faire du logement et du logement social en particulier notre première priorité. Ainsi que nous l’avons proposé, nous attendons toujours des mesures concrètes d’incitation financière pour les communes qui se lanceront dans des programmes de logement social. L’accord de principe de l’ancienne présidence semblait acquis, nous en attendons toujours les effets précis.

Comme sur notre proposition d’affecter la croissance des droits de mutation au logement social.

Nous continuerons d’alerter sur la fragilité structurelle que représente pour les finances départementales le poids des recettes dues en grande partie à la spéculation foncière et immobilière.
Celle-ci trouvera forcement des limites dans un temps plus ou moins bref, qui viendront handicaper notre budget et nos projets, face aux encours auxquels il nous faudra faire face.

Nous ne cesserons de contester les transferts de charge de l’Etat aux collectivités territoriales, sans les accompagnements financiers correspondants. Cela est vrai notamment pour les routes, l’APA, le handicap, les collèges avec leurs personnels, le RMI-RSA, etc …

Concernant notre responsabilité pour les collèges, alors qu’une petite pause apparaît dans la croissance des effectifs, n’y a-t-il pas là une occasion unique de rattraper un retard qualitatif avéré par des établissements à 700 élèves partout, de petits internats, avec un plan de réserves foncières alors que s’élaborent les Plans Locaux d’Urbanisme ? Et que dire d’une politique de restrictions de moyens budgétaires et humains qui soulève la contestation vive et unanime de la communauté éducative, à laquelle nous témoignons d’ailleurs tout notre soutien dans ses combats actuels ?

Pour la jeunesse et dans nos compétences premières, nous poursuivrons avec nos propositions concrètes et précises sur la Prévention Spécialisée. Tout d’abord nous entendons réaffirmer la primauté d’un travail de pédagogie et d’accompagnement social sur celui parfois nécessaire de répression. Pour cela, les moyens doivent être augmentés, en cohérence avec les propositions que nous avons formulées sur les zones couvertes, le nombre d’éducateurs et les publics concernés. Je rappelle en premier lieu celle de la tenue d’Assises Départementales de la Prévention Spécialisée.

Pour le handicap, les personnes âgées et les structures d’accueil public attendues, sachons là aussi prendre des mesures incitatives financières afin de soutenir plus fortement des projets communaux ou cantonaux qui puissent améliorer les capacités d’accueil départementales.

Enfin, en ce qui concerne l’O.I.N., l’Opération d’Interêt National appelée dorénavant « EcoVallée », nous renouvelons nos propositions de la dernière Commission Permanente :

 

  • Que soit constituée une Assemblée des Maires du périmètre défini. L’implication et l’information des élus des communes concernées, relèvent non seulement de l’exercice élémentaire de la démocratie mais elles constituent un gage de réussite pour une telle opération.
  • Qu’un siège soit réservé à la Chambre d’Agriculture. Dans cette Vallée cela paraît évident et indispensable face à l’importance de l’agriculture dans une vision d’aménagement durable de cet espace.
  • Enfin, lorsque l’on connaît les appétits affairistes sur les deux rives du Var, que la maîtrise du foncier, son coût, deviennent un enjeu majeur pour un aménagement raisonnable et cohérent. Cela implique donc des mesures empêchant toute spéculation.


Ces quelques rappels de notre activité et engagements passés, présents et à venir, confirment notre volonté de poursuivre dans notre rôle d’opposition constructive au service de nos populations.

Même à 3 présentement, nous continuerons avec l’efficacité et la détermination que vous nous reconnaissez.

 

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