Article paru dans l'Humanité le 21 mars
L’ex-secrétaire d’État à l’Outre-Mer devrait être élu ce matin maire de Nice par un conseil municipal à majorité UMP et ne pouvait donc pas, selon la loi, diriger un autre exécutif, en
l’occurrence le conseil général des Alpes-Maritimes dont il aurait dû quitter la présidence, hier en fin de matinée. Or Christian Estrosi a été triomphalement replacé au perchoir de cette
assemblée départementale ! Bavure ? Magouille ? Rien de tout cela.
Christian Estrosi profite en vérité d’un recours déposé par l’un de ses adversaires aux municipales pour reprendre du rab de cumul. M. Jean-Claude Picard de la liste Modem-Radicaux de gauche a en
effet saisi le tribunal administratif de Nice à propos du bulletin de vote au premier tour de la liste Estrosi qui faisait explicitement apparaître l’étiquette politique (PRG) du seul colistier
dit d’ouverture de cette liste UMP-Nouveau centre. Un recours qui s’ajoute à celui déposé contre les comptes de campagne du candidat Peyrat. Or ces recours sont suspensifs… concernant la règle
sur le cumul des mandats .Voilà pourquoi Christian Estrosi, profitant également de la surcharge des tribunaux, va pouvoir arrondir sans doute six, sept ou huit fois encore ses fins de mois avec
des indemnités substantielles de président de conseil général. Il aura surtout le temps de dégoter un successeur tout à sa dévotion, ce qu’il n’aurait pas réussi à faire jusqu’à présent, son bras
droit ayant, de plus, été battu aux cantonales.
Philippe Jérôme
Rappelons que Chrsitian est un récidiviste en la matière : entre 2001 et 2002, il avait déjà utilisé cette procédure pour cumuler le plus longtemps possible les mandats de Conseiller
général, de député et de Conseiller régional.
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