Monsieur le Préfet,
Nous sommes informés par les représentants des salariés des Restaurants de CAP 3000 visés par un plan social que le concours de la force publique a été requis par la direction pour faire expulser
les salariés qui occupent leur lieu de travail.
Il serait regrettable d’accéder à une telle demande de la part d’une direction qui s’est illustrée par sa carence totale en matière de négociations, et que, face à l’absence de nomination d’un
médiateur, ces salariés ont, malgré des circonstances difficiles, su conserver jusqu’à maintenant une attitude responsable. Pourquoi prendre le risque d’incidents d’autant plus qu’une décision
sur le fond doit être prise par la justice sur la validité du plan social à la fin de cette semaine. La décision doit être rendue publique le 3 avril prochain et les représentants des salariés se
sont engagés à libérer les locaux sans difficultés si le tribunal venait à valider le plan social.
C’est pourquoi nous vous prions solennellement de surseoir à toute intervention de la force publique, ainsi que vous l’ont demandé les représentants des salariés, tant que cette décision de
justice n’a pas été rendue publique, c’est-à-dire jusqu’au 3 avril, puisque les salariés se sont engagés à respecter la décision qui sera prise.
Dans l’espoir que vous saurez réserver un accueil favorable à cette requête de bon sens, nous vous prions de croire, Monsieur le Préfet, en l’assurance de nos sentiments respectueux.
Jacques Victor,
Conseiller général
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