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Mercredi 2 avril 2008
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Dans tous les domaines, la droite et le gouvernement n’ont de cesse de diviser, de dresser les uns contre les autres ceux qui devraient au contraire se rassembler : le privé contre le public, les salariés contre ceux qui sont privés d’emplois, les actifs contre les retraités, les français contre les résidents étrangers. Partout, elle cherche des boucs émissaires : les fonctionnaires qui seraient trop protégés, ceux qui veulent profiter de leur retraite quand il est encore temps, les chômeurs qui seraient des fainéants en puissance, et bien sûr les migrants et sans papiers, cible privilégiés d’une droite largement inspirée par son extrême et qui les présente comme une menace pour une « identité française » aux relents xénophobes.

Le Parti Communiste Français défend une conception radicalement différente de l’immigration. Celle-ci est une chance pour notre pays, et la libre circulation est un droit fondamental réservé aujourd’hui aux seuls capitaux. Nous apportons tout notre soutien à la manifestation nationale organisée le 5 avril à Paris par le collectif Uni(e) contre une immigration jetable.

 Stop au délire xénophobe

Les Lois portant atteinte aux droits fondamentaux des personnes humaines se succèdent, rendant par exemple de plus en plus difficile la venue en France des enfants et des conjoints, et les mariages entre personnes de nationalités différentes. Ce ne sont pas seulement les « sans papiers » qui sont visés, pais aussi les immigrés en situation régulière. L’opposition entre « immigration subie » et « immigration choisie » est une aberration. C’est le choix du Medef certes, mais cela ne correspond ni à l’histoire de notre pays, ni à la réalité des phénomènes migratoires dans le monde. La diversité et la précarité des titres de séjour fragilise la situation des migrants qui sont traités comme une main d’oeuvre jetable. En réalité, les restrictions de plus en plus dures en matière d’entrée et de séjours réguliers des migrants et des demandeurs d’asiles ne font que multiplier le nombre de personnes en situation irrégulière.

Ordre est donné aux préfectures de réaliser 26 000 expulsions en 2008 !
Les violences, conséquence de cette « politique du chiffre » sont insupportables : arrestations au faciès organisées en rafles ; descentes de police dans des foyers ; enfermement d’hommes, de femmes et même d’enfants jusqu’à 32 jours dans des centres de rétention ; brutalisation et embarquements forcés des expulsé-e-s... Des migrants, des demandeurs d’asile sont poussés à des actes désespérés, parfois jusqu’au suicide. La répression s’étend aux citoyens, aux élus qui s’opposent à ces traitements inhumains, qui aident des sans papiers à faire valoir leurs droits, qui organisent des référendums pour le droit de vote des étrangers résidents.

De nouvelles mesures, sans précédent, inutiles et dangereuses sont en préparation.
Ainsi, il est question de la création :

  • d’une juridiction d’exception pour les personnes migrantes ;
  • d’un système de quotas géographiques qui accentueraient les mécanismes d’exploitation des migrants conçus comme des marchandises.

Il s’agit aussi de saisir le parlement européen d’un projet qui permettrait d’enfermer dans de véritables camps et pendant 18 mois les étrangers estimés indésirables par les gouvernements.

 Exigeons une politique d’accueil des migrantes, des migrants conforme aux droits de la personne humaine

De multiples résistances s’organisent et se développent, autour des collectifs de sans papier, dans des réseaux de soutien aux personnes migrantes, parmi les parents d’élèves, les personnels de l’Éducation Nationale, les travailleurs sociaux, dans des entreprises où des travailleurs sans papiers luttent pour leur régularisation, avec le soutien de syndicats et d’associations... Des intellectuels, des artistes, des personnalités prennent position contre cette xénophobie d’État qui rappelle les pires moments de notre histoire.

Le Parti Communiste Français, ses militant-e-s, ses élu-e-s, parties prenantes de ces luttes, appellent au rassemblement pour exiger :

  • La régularisation de tous les sans papiers et des cartes de résidents de 10 ans
  • La fermeture des centres de rétention, l’arrêt de la chasse aux sans papiers et des expulsions, la dépénalisation du séjour irrégulier
  • La suppression du Ministère de l’immigration, de l’identité nationale et du co-développement
  • La mise en œuvre d’une politique, en France et dans l’Union Européenne fondée sur les principes de la liberté de circulation et d’installation
  • L’égalité des droits entre résidents étrangers et nationaux, et le droit de vote aux scrutins locaux (3 ans de résidence) et aussi nationaux (10 ans de résidence).

Pour que ces choix se traduisent dans les faits, il faut une gauche qui se bat, une gauche qui ne renonce pas à transformer la société et qui soit prête à se rassembler. C’est le sens de l’engagement des hommes et femmes du Parti Communiste Français.
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