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La crise est là ! Heureusement, avec le PUM, les solutions arrivent...
Intervention d’Emmanuelle Gaziello au conseil municipal du 14 Avril.
Délib.18.2 /Délibération de principe portant sur l'attribution d'une allocation
compensatrice aux familles en attente d'une place dans les établissements de la
petite enfance et ayant recours à une assistante maternelle privée agréée, ou à un emploi familial à domicile.(200 euros mensuels)
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Monsieur le Maire, Madame l’adjointe,
Comment, pour le groupe de la gauche, ne pas approuver l'idée d'une solidarité redistributive ? qui plus est quand celle-ci vise des familles en manque de mode de garde d'enfants alors que la natalité dans la ville est en hausse, que notre commune est déjà sinistrée sur ce plan et que la galère est quotidienne pour un grand nombre de familles ? Votre discours lénifiant sur l’ « égalité hommes –femmes » peut faire espérer une volonté forte d’engagement de la ville en faveur de l’accueil de la petite enfance.
SAUF qu'à y regarder de plus près, votre principe est source d'injustices sociales doublées d'exclusion. Car cette mesure cible de façon très particulière les familles ayant déjà la possibilité de recourir à un mode de garde alternatif aux crèches : assistante maternelle privée voire emploi familial à domicile (dont le coût est d'ailleurs sensiblement plus élevé) et dont les deux parents travaillent.
EXCLUS donc de ce dispositif les familles où au moins l'un des deux parents est à la recherche d'un emploi ou en situation précaire.
EXCLUS celles et ceux qui sont privés d'emploi, ou qui rencontrent des difficultés pour en accepter un, faute de moyens de garde en raison notamment de l'inadaptation des horaires, ou du coût souvent dissuasif.
Pour ces familles voici donc appliquée une double peine, puisqu'elles seront écartées d'emblée de ce dispositif comme elles le sont déjà des listes d'attente pour les places en crèches, alors que tout le monde s’accorde à reconnaître que l’accueil collectif des enfants permet une meilleure socialisation les fait partir d’un meilleur pied dans la vie.
Cette inégalité de votre principe d'attribution d'une allocution mensuelle de 200 € est d'ailleurs accentuée par le fait que les destinataires de celui-ci sont également concernés par le Chèque Emploi Service Universel.
Ce fameux CESU qui peut être pré-financé par les employeurs et qui offre 50% de réduction fiscale pour le recours d'un employé à domicile, voire 25% de crédit d'impôts pour la garde d'enfant de moins de six ans à l'extérieur du domicile.
Ainsi donc, là encore en sont EXCLUS les petits salaires qui ne peuvent de toute façon pas avancer des sommes si conséquentes et qui sont d'ailleurs pour beaucoup non imposables sur leurs revenus.
Monsieur le Maire, le recours à ce type de prestation individuelle ne peut être qu'une réponse exceptionnelle et complémentaire au problème collectif. L'accueil des enfants est une priorité essentielle qui mérite un engagement fort de la ville
Pour cela, il est donc nécessaire de renforcer et diversifier le service municipal de la petite enfance, lequel devrait d'ailleurs relever de droits dont l'accès devrait être garanti à tous.
Puisqu’ « en 100 jours vous voulez lancer tout », dans cette optique, la véritable audace consisterait à imaginer, mettre sur pied et financer de façon solidaire, de nouveaux services publics de garde d'enfant, ce qui passe d'ailleurs par des horaires élargis pour les parents travaillant en horaires décalés.
Vous avez parlé tout à l’heure d’une « métropole des alpes-maritimes », Pourquoi ne pas rechercher un partenariat avec le département, qui a aussi des compétences pour la petite enfance ?
A ce titre, l'exemple du Conseil Général du Val de Marne (qui a d'ailleurs reçu la Marianne d'or) est symbolique : tout en subventionnant 59 crèches municipales et 26 crèches familiales il en a pourtant construit 76 départementales. Je vous invite donc à vous rapprocher du président du Conseil Général des Alpes-maritimes, en ce sens, car ce type d'établissement aurait toute sa place à Nice tant sont nombreux les salariés sur Nice et qui résident aux alentours.
A la place, VOTRE budget prévoit 1,4 millions d'euros pour cette allocation dès juillet. En année pleine cela signifie donc une dépense de 2,8 millions, qu'il faut d'ailleurs comparer au 2,4 millions d'investissements "crèches" programmés pour cette année, d'ailleurs en baisse sensible par rapport à 2007.
Ceci laisse craindre que l'effort en matière d'accueil collectif pour la petite enfance ne sera pas accentué. Autant dire que votre volonté affichée de doter la ville de 1400 places de crèches supplémentaires en 6 ans risque de ne s'avérer qu’un voeu pieux.
Ce principe, Monsieur le Maire vous dédouane de vos engagements et anticipe votre future impuissance. C'est pourquoi nous nous abstiendrons.
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