Les élus de la CANCA avaient à se prononcer, le jeudi 26 juin, sur le passage de la CANCA en communauté urbaine.
Michel Santinelli a exprimé le point de vue des élus communistes sur ce sujet :
"Les structures de notre République sont nées de siècles de luttes pour la démocratie et le contrôle citoyen des décisions du pouvoir central.
Elles ont contribué à briser l’autoritarisme féodal, à libérer les structures économiques et a créer les bases communales et départementales pour l’exercice d’un pouvoir démocratique et
social.
Certes, aujourd’hui, les besoins des populations ont évolué, les conditions de la production économique ont changé, les déséquilibres que nous connaissons entre les communes en terme de
population et de besoins ont contribué à développer des coopératives intercommunales pour lesquelles je suis très favorable.
Mais aujourd’hui, je ne me réjouis pas de la précipitation avec laquelle va être réformée en profondeur l’organisation de nos collectivités communales.
Qui peut se satisfaire de l’adoption d’un projet qui va transférer de façon rigide des compétences essentielles de nos communes à une structure encore plus éloignée du citoyen, répondant ainsi à
une demande d’uniformisation voulue par l’Europe et tout cela sans un vaste débat populaire. Certainement pas l’élu que je suis !
Si les communes sont le creuset de la citoyenneté à la française et le lieu privilégié du développement d’un service public de proximité, il est regrettable de constater que le caractère
volontaire de la coopération intercommunale est fortement remis en cause en attribuant autoritairement des compétences importantes à la communauté urbaine, sans que les communes participantes
aient choisi le contenu de leur coopération.
Non seulement les communes sont dessaisies de nombreuses prérogatives, mais les citoyens eux-mêmes se trouvent éloignés des lieux où se prennent les décisions.
Les dispositions fiscales et incitatives annoncées s’apparentent davantage à des redéploiements de moyens qu’à des ressources nouvelles.
Cela ne durera qu’un temps.
Attaché à la démocratie et aux valeurs de la République, je voterai contre ce projet qui légitime la supracommunalité au détriment des libertés communales et à la démocratie locale."
La délibération a été présentée à la CANCA trois mois après les élections municipales. Mais à aucun moment le débat n'a eu lieu sur ce sujet pendant la campagne électorale. Cela augure bien
mal du fonctionnement démocratique de la future communauté urbaine.
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