Lundi 6 juillet 2009
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Communiqué d'Emmanuelle Gaziello, conseillère municipale communiste de Nice
Après l'arrêté municipal interdisant la place Garibaldi aux rollers, skaters et autres sports ou moyens de déplacements urbains le 2 Juin dernier, voici l’annonce d’un
arrêté du Maire-président-Ministre qui veut interdire aux artistes de rue de se produire sans être passés par « un comité artistique ».
S’il est vrai que pour les arts de la rue, l’utilisation de la voirie n’est pas tout à fait conforme à son affectation première – la circulation –, et qu’au regard des pouvoirs de police qui
appartiennent au Maire, cette utilisation est subordonnée à une autorisation, ce contrôle de l'espace public pose plusieurs questions:
Revient-on à une époque ante-médiévale puisqu’au Moyen-Age, les seigneurs et les rois avaient le bon goût de laisser les musiciens, troubadours, jongleurs et danseurs animer les rues y compris en
se moquant d’eux ?
S’il s’agit de la représentation d'une petite forme de spectacle avec un artiste, pourquoi le maire interdirait-il la manifestation si le trouble à l’ordre public n’est pas caractérisé
? Il faudra donc qu’il précise en quoi cette manifestation est susceptible de contrevenir à l’ordre public, surtout s’il autorise par ailleurs la
fermeture à deux heures du matin des débits de boisson.
Interroger la liberté de création au regard de l’espace public, c’est avant tout interroger la notion même d’espace public. Est-il encore un
espace de liberté pour les créateurs ?
C'est aussi la fonction sociale de l’art qui est en jeu : est-il encore possible d’avoir un pur objet artistique sans rapport au festif ?
La mise en place d'un comité d'expert aboutirait à terme à imposer une forme artistique plutôt qu'une autre. Faudra-t-il, pour être le plus indépendant possible, nommer les membres de
ce comité de manière représentative ou populaire, par exemple par tirage au sort de citoyens niçois ?
Est-ce que la Ville doit rester un terrain de rencontre ou se croisent toutes les générations et non pas un espace quadrillé par toutes les
polices qui contrôlent les jeunes en rollers, les artistes de rues et pourquoi pas la semaine prochaine les regroupements de plus de trois personnes ? Le Maire de Nice sera-t-il l'homme de la fausse sécurité qui exploite les peurs qu'il entretient ?
Nice, le 5 juillet 2009
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Merci pour votre témoignage. Nous publions aujourd'hui le courrier que Bob Injey et Emmanuelle Gaziello, conseillers municipaux communistes de Nice ont envoyé au Maire de Nice - Article : " Nice : La culture populaire bafouée !"